22 November 2009
Etrange sélectivité de la mémoire à moyen terme…
Ce matin, j’avais déjà oublié mon rendez-vous. Heureusement, les mots m’ont rappelé à l’ordre. Je me demande s’il n’existe pas quelque lien secret entre eux et ce qui arrive autour de moi, depuis mon retour. Ce matin donc, l’un d’eux a joué le rôle de sentinelle. Une interjection commune : attention ! Je n’ai pas compris immédiatemment. Mais cela a suffit pour me mettre sur le qui vive. Tandis que je triai une série de verbes conjugués et les disposais dans une vieille boîte à gâteaux en métal, voici qu’au milieu d’un joyeux capharnaüm composé de spécimen tels que nous labialisâmes, vous eussiez maugréé, que tu pirouettasses, un très banal il vient m’a mis la puce à l’oreille. Mes synapses grippées ont soudain retrouvé le fil de la remémoration. Toute affaire cessante, je me suis précipité hors de la cabane pour surveiller le grand causse. À temps pour capter les premières vibrations de la course rythmée. Il approchait. J’ai eu l’impression que quelque chose me frôlait. J’ai même cru percevoir un souffle, mais je n’ai rien vu. De mystérieuses pensées me sont alors venu. Des images de lieux inconnus, des visages sans nom. En rentrant dans la cabane, je portais en moi un inexplicable vide.
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20 November 2009
Le grand ménage se poursuit. Depuis trois jours, je range les mots. Certains confits de poussière. Quel plaisir d’en découvrir d’anciens que je n’avais plus utilisés depuis des éternités ! Et d’autres jamais ouïs. Ceux-là, leur apparition est un mystère : peut-être un jour aurais-je le temps de l’examiner. Je rangeais les mots donc, quand le bruit rythmé d’une course, au-dehors, attira mon attention. Le temps de finir une phrase – je regroupe les mots par phrase, c’est plus pratique – et de sortir de la cabane, le coureur avait disparu dans le grand causse. De retour à l’intérieur, je me remets au métier. Les mots me délivrent alors un étrange oracle : il reviendra. Et si c’était vrai ? Nous verrons cela demain. Une chose après l’autre…
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10 November 2009
Assis sur le vieux banc devant la cabane, je prends le soleil : je le remettrai tout à l’heure… Il me semble qu’une éternité s’est consumée depuis la dernière fois. J’ai vécu une vie entière, mille vies peut-être. Comme l’homme qui s’était endormi pendant que cuisait son plat de millet. Et je suis revenu. Je reviens toujours. Le désert de désolation que j’ai franchi n’est plus qu’un souvenir, une cicatrice sur l’épiderme de mon âme. Et comme chaque fois, ce n’est plus tout à fait le même qui observe le paysage à sa porte, grand causse semé de cailloux et hirsute de genévriers, avalé par l’horizon. Résonnent encore dans mon oreille les aboiements de Kinshasa et les cris des enfants. J’attends la venue d’un autre voyageur, l’éternel naufragé, fils du destin. Il est temps de remettre le soleil à présent. Dans la vieille cabane, le ménage n’est pas terminé.
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9 November 2009
J’ai l’impression d’être parti et de retrouver une vieille cabane où la poussière et les toiles d’araignées règnent en maîtres. Allons, courage ! Un bon nettoyage. On rouvre les volets pour laisser entrer le soleil, et on repart.
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10 July 2009
Je me suis éloigné de ce blog. Pour des raisons techniques au départ – je crois que mon pc commence à montrer des signes de fatigue – et aussi parce que l’écriture m’occupe beaucoup. Alors quoi de neuf ces derniers temps, pour ceux qui n’ont pas renoncé à guetter des signes de vie dans Le livre de Jonas ? J’ai participé, ce week-end, à la première édition du festival L’écrit de la fée, à l’IUT de Dijon. J’ai passé un excellent moment avec mon éditeur et ami Philippe Gindre. Et quel plaisir de revoir André-François Ruaud, des Moutons Electriques ! L’occasion aussi de discuter, un peu, avec David Calvo. De retour sur terre, je dois me remettre à mon deuxième roman jeunesse, qui me cause bien du tracas. Le premier, Sindbad le voyageur, paraîtra au mois de septembre. Je réfléchis à un deuxième voyage. Tiens, puisqu’on parle de voyage, le collectif Voyageurs, justement, vient de faire paraître son troisième numéro où figure une BD en six planches, que j’ai réalisée avec le dessinateur Raphaël del Rosario. Je serai normalement présent au festival de La Fouillade (dans l’Aveyron), fin juillet, avec quelques membres de l’association LEA qui édite ce zine luxueux et très pro.
Sinon, je suis sur Facebook où ma page risque d’être plus souvent alimentée en infos que ce blog.
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3 March 2009
Ce week-end, Rahan fêtait ses 40 ans à Fenaille, le musée d’archéologie et d’histoire du Rouergue. L’irruption de la BD dans un tel lieu est une véritable réussite, une évidence même. La proximité des illustrations de Chéret, reproduites sur les murs à l’instar des fresques du néolithique, avec les objets de la vie quotidienne de nos ancêtres, produisait un effet étonnant et très émouvant. Un esprit Pop Art flottait sur le musée. Il y avait même le vrai couteau de Rahan. Vous en doutez ? Celui-là même que je rêvais de posséder, il y a plus de trente ans. Evidemment, pour pararchever la fête, André Chéret et Jean-François Lécureux (fils de Roger Lécureux) assuraient une séance de dédicace dans une pièce lourdement parfumée par les effluves de l’”apéro préhistorique” (Ah ! l’amertume de la bière des âges farouches et le fumet des viandes séchées…). Une conférence, “Rahan face à la science”, donnée par le conservateur du muséum d’histoire naturelle de Toulouse, Jean-François Lapeyre, a ensuite tenté de localiser et de dater les aventures du fils de Crao, concluant à l’intemporalité et la grande mobilité du héros. Ce qui n’étonnera aucun de ses fans. Le paléontologue a cependant émis une hypothèse aussi amusante qu’intéressante sur l’origine de Rahan, se basant sur des élements géographiques tirés des aventures évoquant l’enfance du personnage et sur l’anatomie de Rahan. Ce dernier serait un Toscan et aurait fait ses premiers pas à l’ombre du volcan de Larderello. À noter enfin la tenue d’un concours de cris de Rahan sous le toit de verre de la magnifique cour intérieure de Fenaille (ce n’est pas souvent qu’on est autorisé, et même encouragé, à s’époumonner de la sorte dans un musée) dont les lauréats se sont vus récompensés par de magnifiques lithos dédicacées. Ces soudaines montées en décibels ont dû rappeler de bons souvenirs aux célèbres statues-menhirs qui dorment à l’étage !
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27 January 2009
Voici un exemple plus récent de lit voyageur, dans La balade du père Grégoire, aux éditions Balivernes (vous avez remarqué ? Dans baliverne, il y a Verne et Bali…). La balade à travers le système solaire d’un jardinier amoureux des roses (là, on est au choix chez le Petit Prince ou dans les Mille et une nuits). Pour les 4-7 ans, et pour les plus grands évidemment.

Balade en lit-fusée
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18 January 2009
Ce n’est pas tout à fait la même histoire qu’on remet sur le métier, ni la même pierre qu’on pousse jusqu’au sommet de la montagne, d’où inévitablement elle retombe, mais l’écriture, comme tout art, est un éternel recommencement, non pas de l’identique, voué à l’échec, creusant l’ornière, mais de l’identité, sans cesse renouvelée, qui, retournant chaque fois à son origine, appelle la métamorphose. Finir une histoire, c’est mourir un peu. En commencer une autre, c’est se réincarner. Dans quel but ? Se perfectionner. Progresser sans cesse. Après les faubourgs de Bagdad et un voyage plein de péripéties sur l’océan Indien, je retrouve New York. Non pas celui du lieutenant Cairn, qui patientera encore dans son arbre, au milieu de Central Park, mais celui d’un chien un peu particulier, affublé du nom d’une capitale africaine, à l’instar d’un personnage canin de Paul Auster. Retour aux sources, celles où j’ai découvert la science-fiction, avec l’envie de rendre hommage au chef d’oeuvre de Donald Clifford Simak…
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8 January 2009

Ça bosse !
Autrement dit, le repos de la gorge (si mes sources sont exactes). Offerts par ma sœur à Noël, ces délicieux loukoums, arrosés de thé, pour me regonfler pendant les corrections sur Sindbad le voyageur. Anachroniques, certes, autant que le thé, ni les uns ni l’autre n’étant présents dans la civilisation arabo-musulmane du IXe siècle. Natacha Atlas non plus d’ailleurs, dont j’écoute assez souvent ces temps-ci l’album Ana Hina.
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4 January 2009

(c) Reza / National Geographic
Cette image sublime, glanée ce matin sur Le bleu du ciel en hiver, blog de Philippe Castelneau (auteur et libraire). Evidemment, il est question de l’Afghanistan d’aujourd’hui mais cette photo est intemporelle et son pouvoir évocateur immense. Pour moi qui suis plongé dans les corrections de Sindbad le voyageur, pour les Royaumes Perdus de Mango, comment ne pas se réjouir à la vue de ce lit magique des Mille et une nuits qui inspira sans doute Mary Norton et son Magic bed Knob que Walt Disney porta à l’écran en 1971 sous le titre de L’apprentie sorcière ?
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